Scandale d’Etat,  risque sanitaire insensé!

Nous vivons une époque inquiétante. En effet, la démission et la carence de l’Etat sont partout visibles et palpables notamment en matière de sécurité des biens et des personnes. Et plus particulièrement dès qu’il s’agit d’un sujet en lien avec l’islam. Il n’est pas dans notre propos de savoir si ce phénomène est lié à une complicité, à la peur, ou à une espèce de fascination… Nous en resterons aux faits objectifs liés  à l’objet de notre association.

Régulièrement, depuis 3 ans, nous écrivons aux ministres concernés ( agriculture et intérieur) sur les risques énormes en matière sanitaire représentés par les abattoirs temporaires concédés par l’Etat pour l’Aïd el Kebir au mépris de toutes les normes dont l’application a d’ailleurs entrainé la fermeture nombreux abattoirs. Plus outre, le 15 Juin 2015, Mr Cazeneuve devant le CFCM  ose la formule : «Bien des efforts sont déjà engagés en vue d’organiser des abattoirs provisoires dans les meilleures conditions à l’occasion de la fête de l’Aïd. Ils restent en nombre insuffisant et les porteurs de projets sont trop souvent découragés par la leur coût et lacomplexité de leur mise en place ».

En clair Mr Cazeneuve souhaite que les contraintes administratives déjà largement laxistes soient encore assouplies… et que les pouvoirs publics aident financièrement ces structures ! Quelle sollicitude paternelle quand on sait, de plus, que dans le document interministériel publié chaque année pour «encadrer» l’événement on utilise la formule « dynamique d’amélioration continue qui permet de concilier le profond attachement des musulmans de France à la fête de l’Aïd-el-kébir et la liberté de culte »

La République laïque est donc particulièrement bienveillante pour la religion musulmane. Envolés les principe de précaution, les règles sanitaires, la laïcité…

C’est dans ce contexte que se sont déroulés les faits suivants en 6 phases :

1-27/07/2015 : instruction technique du Ministère de l’Agriculture , DGAL/SDSSA/2015-649 montrant la parfaite connaissance des services :                   

 « Le risque de diffusion de la fièvre catarrhale ovine (FCO) est élevé en Europe*, il est impératif de s’en prémunir pour éviter l’introduction de la FCO en France continentale. C’est particulièrement important alors que de nombreux ovins d’abattage vont être introduits en France dans la perspective de la fête de l’Aïd. Par conséquent, des mesures de contrôles renforcées des animaux en provenance de zones réglementées doivent être mises en place. Cette note rappelle le contexte épidémiologique de la FCO ainsi que la réglementation encadrant les mouvements d’animaux en provenance de zones réglementées. Elle précise également la conduite à tenir vis-à-vis de ces animaux en terme de contrôle des certificats TRACES et de contrôle à l’abattoir. » 

 * La France est à ce jour le seul pays européen atteint par l’épizootie…

2- 05/08/2015 : Circulaire interministérielle Intérieur-Agriculture NOR INTK1517232J « organisant » l’Aïd et n’évoquant pas une seule fois la FCO !

3-Début Septembre 2015 : 1er cas de FCO dans l’Allier.

4-11/09/2015 : arrêté ministériel de Stéphane Le Foll,  énumérant les mesures prises pour la FCO mais ne mentionnant à aucun moment l’Aïd el Kebir, qui aura lieu 13 jours plus tard, comme si ce dernier n’avait aucune incidence ni rapport avec la FCO.

Il n’évoque pas non plus les risques de transmission à d’autres espèces que les ruminants. Les éleveurs subissent alors des contraintes limitant le commerce des animaux qui ne s’appliqueront pas aux mouvements de moutons pour l’Aïd !

5- 24/09/2015 : L’Aïd el Kebir  se déroule sans contraintes y compris dans les abattoirs temporaires , sans aucune restriction liée au contexte épidémiologique.

6- 08/10/2015 ( 15 jours après l’Aïd, 1 mois après le premier cas dans l’Allier)  : carte de la progression de la maladie, on peut juger de la rapidité de la progression !

L’exposé chronologique résumé ci dessus démontre d’une façon aveuglante la responsabilité de l’Etat. On considère en effet que la FCO est aussi grave que la fièvre aphteuse qui sévissait il y a 50 ans, et à l’époque, en cas de foyer, tout déplacement y compris des humains et des véhicules était contrôlé voire même interdit. Foires et festivités étaient interdites.

La vaccination de masse était instituée. Alors, bien sûr, le mode de propagation de la maladie n’est pas identique, comparaison ne vaut pas raison, mais cela montre qu’il faut des mesures drastiques pour endiguer une épizootie de cette gravité. De plus, la FCO présente quelques caractéristiques très inquiétantes.

Le virus pour l’instant épargne l’être humain, mais on sait maintenant qu’il franchit la barrière d’espèce en provoquant des signes cliniques et mortels sur les carnivores, et que les éleveurs ayant eu la maladie dans leur troupeau présentent des anticorps, ce qui prouve un début de multiplication virale.

Il suffirait de l’introduction d’une autre souche de virus FCO ( actuellement c’est la souche BTV 8) et qu’une recombinaison se produise pour qu’une nouvelle souche aux caractéristiques nouvelles apparaisse. Et quand on sait que la FCO est de la famille des fièvres hémorragiques comme Ebola, il y a de quoi être inquiet.

Dénoncer et communiquer c’est bien. Agir c’est mieux. C’est pour cela, en partenariat avec l’association Traditions Terroirs et Ruralité, nous avons engagé une procédure avec Me Clement avocat spécialisé en droit administratif du cabinet UGGC. En l’absence de réponse du ministère de l’Agriculture, probable selon notre avocat, nous déposerons un référé la 2equinzaine d’Août, l’Aïd el Kebir devant avoir lieu cette année le 12 Septembre. Le juge des référés devra statuer sur les mesures utiles et indispensables que nous proposons pour « encadrer » véritablement l’Aïd 2016, à savoir 

  • l’interdiction d’importation de moutons, donc l’utilisation exclusive de moutons autochtones et, de plus, proches du lieu d’abattage pour limiter la dissémination virale.
  • L’utilisation exclusive des abattoirs pérennes qui seuls sont qualifiés pour pratiquer des contrôles sérieux, et dans des conditions sanitaires normées et normales.
  • Plusieurs mesures annexes comme la vaccination des chiens et chats dans les élevages où sévit la maladie, la surveillance des ruminants sauvages (cervidés), l’utilisation de transporteurs agréés pratiquant une désinsectisation et désinfection à chaque transport.

Nous initions une campagne de communication en essayant d’alerter les grands media à ce nouveau cas de grave dysfonctionnement de l’Etat.

Le Dr Jean Louis Thillier, expert indépendant et reconnu en sécurité sanitaire, que nous avons mandaté pour faire le point sur les connaissances scientifiques sur la FCO, vient de donner une interview dans la très sérieuse revue Agriculture et Environnement qui vient de paraître, décrivant de façon implacable l’enchainement des mauvaises décisions.

Espérons que la raison scientifique prévaudra sur l’idéologie en ce qui concerne l’Aïd d’autant qu’il s’agit, à l’examen, plus d’une manifestation culturelle que cultuelle…

Dr Alain de Peretti, vétérinaire