Le Carême commémore les 40 jours de jeûne de Jésus au désert, invitant à la pénitence, la prière et la charité. En France, pays à l’héritage catholique marqué, il reste une tradition vivante, même si la pratique s’est assouplie depuis Vatican II.
Historiquement, le Carême impose le jeûne et l’abstinence. Le jeûne, autrefois strict (un seul repas par jour), est aujourd’hui recommandé pour les 18-60 ans les Mercredi des Cendres et Vendredi saint : deux petits repas et un principal, sans dépasser une satiété normale. L’abstinence, plus centrale pour la viande, interdit la consommation de chair d’animaux à sang chaud (bœuf, porc, volaille) les vendredis de Carême, ainsi que le Mercredi des Cendres et le Vendredi saint. Cette règle remonte au IVe siècle, symbolisant le sacrifice du Christ, crucifié un vendredi. Pourquoi la viande ?
Dans l’Antiquité chrétienne, elle était associée au luxe et aux fêtes païennes. L’Église primitive, influencée par les interdits juifs et les ascèses monastiques, l’exclut pour favoriser la simplicité. Saint Thomas d’Aquin expliquait que la viande excite les passions, tandis que le poisson, considéré comme « froid » (selon la médecine humorale), convient à la pénitence. Ainsi naît la tradition du « poisson du vendredi », encore populaire en France : morue, saumon ou hareng, souvent en beignets ou bouillabaisse.Le poisson est autorisé car il n’est pas « viande » au sens canonique : les animaux aquatiques (poissons, crustacés, amphibiens comme les grenouilles) sont permis. Cette distinction, codifiée au Moyen Âge, visait à soutenir les pêcheries monastiques et les économies côtières.
Petite anecdote: en France, des dispenses historiques existaient, comme pour les castors (considérés semi-aquatiques) ou les oiseaux aquatiques!


