Coupe du Monde 2030: le Maroc, pays hôte, veut exterminer 3000 chiens pour « nettoyer » ses rues

Ce soir, l’équipe de France affrontera le Maroc en quart de finale de la coupe du Monde de football 2026. Souhaitons bonne chance à nos Bleus, et bon match à tous. Mais derrière cette soirée se profile un événement bien bien scandaleux, mettant en jeu non seulement le Marco et le football, mais aussi la sensibilité à la condition animale dans certains pays.

Le Maroc est co-organisateur de la Coupe du Monde de football 2030 avec l’Espagne et le Portugal, prépare activement l’événement planétaire. Parmi les nombreux chantiers d’infrastructures, de transports et de sécurité, un sujet sensible attire l’attention internationale : la gestion des chiens errants. Des rumeurs virales évoquent l’abattage de trois millions d’animaux pour « nettoyer » les rues avant l’arrivée des supporters. Les autorités marocaines démentent catégoriquement tout plan d’élimination massive et mettent en avant un virage vers des méthodes plus éthiques, centrées sur la stérilisation et la vaccination. Mais personne n’est dupe: entre enjeux de santé publique, image touristique et bien-être animal, on sait d’avance de quels côtés la balance va pencher.


Les chiffres de la population de chiens errants au Maroc varient selon les acteurs. Le ministère de l’Intérieur estime la population canine errante entre 1,2 et 1,5 million d’individus. Des associations de défense des animaux avancent un chiffre plus élevé, parfois jusqu’à trois millions. Ces chiens posent certes des problèmes concrets : environ 100 000 morsures ou griffures sont recensées chaque année au Maroc, dont 40 % concernent des enfants de moins de 15 ans. La rage reste une préoccupation majeure, avec des cas mortels signalés régulièrement. Au-delà de la santé publique, la présence de meutes dans les villes touristiques (Marrakech, Agadir, Fès, Casablanca…) peut nuire à l’attractivité du pays lors d’un événement mondial qui attend des millions de visiteurs. Du culling traditionnel au virage TNVR de 2019Historiquement, le Maroc pratiquait l’abattage des chiens errants pour lutter contre la rage. Des dizaines de milliers d’animaux étaient éliminés chaque année dans les années 2010. En 2019, un accord interministériel (impliquant le ministère de l’Intérieur, l’ONSSA, le ministère de la Santé et l’Ordre national des vétérinaires) a marqué un tournant officiel : abandon progressif de l’élimination massive au profit de la méthode TNVR (Trap-Neuter-Vaccinate-Return, soit Capture-Stérilisation-Vaccination-Retour/Relâcher). Cette approche, validée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), vise à stabiliser puis réduire durablement la population sans créer de vide écologique que d’autres chiens viendraient combler. Une circulaire de 2021 encourage les collectivités territoriales à l’appliquer. Des refuges ont été construits (une vingtaine pour un investissement d’environ 240 millions de dirhams) et des programmes de stérilisation-vaccination se développent, notamment autour de Rabat.

Le plan annoncé et les engagements pour la Coupe du Monde 2030Dans le dossier de candidature officiel remis à la FIFA, le Maroc s’est engagé à interdire les abattages massifs à partir d’août 2024 et à développer des programmes de prise en charge des animaux errants. Les autorités affirment avoir tenu cet engagement. Mohamed Roudani, chef du département de l’hygiène et des espaces verts à la Direction générale des collectivités territoriales du ministère de l’Intérieur, a déclaré à plusieurs reprises : « Il n’existe aucune campagne d’abattage. Les informations faisant état d’un plan visant à éliminer trois millions de chiens errants avant la Coupe du monde 2030 sont sans aucun fondement. » Un projet de loi n° 19.25 relatif à la protection des animaux errants et à la prévention des dangers qu’ils peuvent engendrer a été adopté par le gouvernement et est examiné au Parlement. Ce texte vise à encadrer la gestion : identification obligatoire des animaux, création de centres de prise en charge, sanctions contre la cruauté (amendes et peines de prison pour abattage prémédité ou torture), tout en promouvant des solutions éthiques comme la TNVR. Des investissements continuent dans les refuges et les campagnes de stérilisation. Une vive controverse internationaleMalgré ces annonces, une coalition internationale d’associations (IAWPC, Fondation Brigitte Bardot, PETA, 30 Millions d’Amis, etc.) dénonce des pratiques persistantes d’abattage, de tirs à l’arme à feu, d’empoisonnement et de captures inhumaines dans plusieurs villes. Des vidéos et témoignages circulent sur les réseaux sociaux et dans les médias, montrant des chiens capturés avec des pinces métalliques, entassés dans des fourgons ou tués dans des conditions jugées inacceptables. Des personnalités comme Jane Goodall ou David Hallyday ont interpellé la FIFA, demandant des comptes et, dans certains cas, une suspension du statut de co-organisateur si les engagements ne sont pas respectés.

Les ONG, dont la nôtre, estiment que le Mondial a accéléré un « nettoyage » des rues et que des chiens déjà stérilisés et relâchés par des associations sont parfois tués. Les autorités marocaines répondent que des efforts réels sont déployés, que la gestion est décentralisée (chaque commune gère localement) et qu’il existe parfois un vide juridique comblé progressivement par la future loi. Elles dénoncent une « campagne médiatique coordonnée » et soulignent que l’abattage n’est plus la politique officielle depuis plusieurs années. On demande à voir…

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