Le Parlement polonais a adopté ce mois-ci une loi sur les droits des animaux par 356 voix pour et 75 contre tandis que 18 élus se sont abstenus. La loi, qui doit obtenir également l’aval du Sénat, interdit l’élevage d’animaux pour leur fourrure — une importante industrie en Pologne — et arrête les exportations de viande halal et casher — la Pologne étant traditionnellement un grand exportateur de viande cacher vers Israël et les communautés juives d’Europe.

La mesure essuie la double colère des professionnels du secteur de l’abattage rituel et des exploitants de fourrure. Pour les défenseurs des animaux, elle constitue toutefois un progrès.

Nous avons évoqué, entre autres sujets d’actualité, cette mesure avec Alain de Peretti, président de l’association Vigilance Halal qui repart pour une nouvelle saison de combats juridiques notamment, contre la « halalisation » de nos assiettes.

Breizh-info.com : Parlez-nous de la rentrée juridique de Vigilance Halal ?

Alain de Peretti (Vigilance halal) : En matière judiciaire nous avons de nombreux dossiers en cours, tout a été considérablement ralenti par la crise sanitaire.

Parmi les plus importants : dépôt en cours devant la Cour européenne des droits de l’homme du dossier Éric Dick en tant que lanceur d’alerte, dépôt devant le tribunal de Paris d’une plainte contre l’État pour la violation de nombreux points de procédure dans l’arrestation arbitraire de notre secrétaire, Dominique Gillet, assignation sous astreinte de l’abattoir de Meaux pratiquant hors dérogation tout en abattage halal.

Mais surtout, dépôt prochain d’un recours devant la Commission européenne pour supprimer la dérogation à la règle européenne 858/2004 qui interdit de sectionner l’oesophage et la trachée lors de la saignée en abattoir, pour des raisons d’hygiène. Nous avons mandaté un expert en sécurité sanitaire connu et reconnu, le Dr Jean Louis Thillier qui a travaillé pendant 9 mois pour un rapport sur l’éta des connaissances scientifiques en matière de résistance aux antibiotiques. C’est un problème essentiel pour la santé humaine. Or, les germes en cause actuellement sont essentiellement d’origine animale; 80% des antibiotiques consommés dans le monde le sont par les animaux et le contenu de l’estomac ( rumen) des bovins et ovins contient donc de très nombreux germes ultra résistants qui ne devraient en aucun cas être déversés à l’air libre. Or, dans l’abattage rituel, la section de l’oesophage entraîne  le déversement de ce contenu stomacal et la dispersion de ces germes. Si nous réussissons dans notre entreprise, il faudra nécessairement étourdir les animaux, car une saignée propre ne peut être réalisée que si l’animal est immobile, ce qui permet d’épargner l’oesophage et la trachée : c’est ce que j’explique depuis des années aux associations de protection animale qui ne veulent entendre parler que de l’étourdissement et échouent à faire valoir cet argument.

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